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Dimensionner

Quelle puissance de pompe à chaleur, et pourquoi deux règles se contredisent

Sur quelle fourchette de puissance se fonder pour choisir la machine.

Faits vérifiés le

Une fois les déperditions calculées, il reste à choisir la puissance de la machine. Et là, deux référentiels donnent deux réponses.

La règle du métier

Les valeurs issues du NF DTU 65.16, telles que les rapporte Batiactu :

ConfigurationPuissance de la machine, rapportée aux déperditions
Machine tout ou rien70 à 100 %
Machine à modulation, bâtiment d’inertie moyenne ou lourde70 à 100 %
Machine à modulation, bâtiment d’inertie légère80 à 100 %
Machine avec appoint120 % au maximum

L’esprit est clair : sans appoint, on ne dépasse pas 100 %.

La règle du dispositif d’aide

La fiche CEE applicable aux pompes à chaleur air-eau impose, elle, une fourchette de 70 % à 120 % de la puissance de besoin calculée, et exige une note de dimensionnement obligatoire et contrôlée (Kwhiz).

Nous rapportons cette fourchette telle qu’elle est publiée par les acteurs du secteur, sans l’avoir lue au texte de la fiche officielle. Notre réserve sur ces conditions est expliquée ici.

Pourquoi les deux ne disent pas la même chose

Parce qu’ils ne cherchent pas la même chose.

Le document technique vise la performance : une machine qui ne dépasse pas les déperditions module correctement, tourne longtemps à charge partielle, et vieillit bien.

Le dispositif d’aide vise l’éligibilité : il fixe une fourchette suffisamment large pour ne pas disqualifier des installations correctes, et suffisamment bornée pour écarter les aberrations.

Une installation à 115 % des déperditions sans appoint est donc éligible aux certificats d’économies d’énergie, et hors des clous du point de vue des règles de l’art. Les deux affirmations sont vraies en même temps.

Nous ne trancherons pas entre les deux : ce serait donner comme règle ce qui relève d’un arbitrage d’ingénierie sur votre logement. Ce que nous pouvons dire, c’est ce qu’il faut demander.

Les trois questions qui valent mieux qu’un nombre

« À quel pourcentage des déperditions cette machine est-elle dimensionnée ? » Un installateur sérieux répond par un nombre, pas par une gamme. Si la réponse dépasse 100 % et qu’aucun appoint n’est prévu, demandez pourquoi.

« Quel est le régime de départ retenu, et pour quelle température extérieure de base ? » Une puissance n’a de sens que rapportée à un régime d’eau et à une température extérieure de dimensionnement. Sans ces deux données, le nombre ne veut rien dire.

« Que fait l’appoint électrique, et à partir de quand ? » C’est l’élément qui transforme une machine correcte en facture d’électricité. Le paramétrage doit être écrit, pas laissé au réglage d’usine.

Le sens de la marge

Il est tentant de prendre « un peu plus grand pour être tranquille ». C’est l’inverse qui est vrai, et c’est contre-intuitif : une machine trop puissante ne module pas assez bas, s’allume et s’éteint en boucle, use son compresseur, consomme davantage et fait du bruit.

C’est pour cette raison que la règle sérieuse vise 70 à 100 % des déperditions, et non « large par sécurité ». Le détail de ce mécanisme est ici, et c’est sans doute la page la plus utile de cette rubrique.

Une dernière remarque de bon sens. Les quelques jours les plus froids de l’année ne justifient pas de surdimensionner toute l’installation : c’est le rôle de l’appoint, qui coûte cher à l’usage mais ne sert que quelques dizaines d’heures par an.

Avant de partir

Vous savez maintenant quoi demander

Le régime d'eau visé, la puissance calculée sur vos déperditions, le sort de vos émetteurs : ce sont ces lignes qui font l'écart entre deux devis. Décrivez votre installation une fois, puis lisez les réponses côte à côte.

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