Les déperditions : le calcul que rien ne remplace
Comment se calcule le besoin de chauffage d'un logement.
Faits vérifiés le
Tout part de là. Une pompe à chaleur ne se choisit pas d’après la surface du logement, ni d’après la puissance de la chaudière qu’elle remplace, ni d’après un abaque au mètre carré. Elle se choisit d’après ce que le logement perd.
Ce qu’on calcule, et avec quelle méthode
La méthode détaillée de référence est la NF EN 12831. Elle additionne trois familles de pertes (Batiactu) :
- les déperditions surfaciques, à travers les murs, la toiture, les planchers et les vitrages ;
- les déperditions linéiques, par les ponts thermiques, c’est-à-dire les jonctions où l’isolation s’interrompt ;
- les déperditions par renouvellement d’air, ventilation comprise.
Des méthodes approchées existent, fondées sur un coefficient de déperdition du bâti ou sur un coefficient volumique variant avec la zone climatique et l’année de construction. Elles servent à dégrossir. Elles ne servent pas à choisir une machine.
Pourquoi la surface ne dit rien
Deux maisons de 120 m² dans la même commune peuvent perdre du simple au triple. L’écart ne tient pas à la surface : il tient à l’isolation, à l’orientation, au nombre de parois en contact avec l’extérieur, à la qualité des menuiseries, à l’étanchéité à l’air.
Une pompe à chaleur « choisie au m² » est donc, dans le meilleur des cas, une machine correcte par accident. Dans le cas courant, c’est une machine trop puissante, avec toutes les conséquences que cela entraîne.
SignalConso, le service de signalement de la DGCCRF, place le « mauvais dimensionnement du système » en tête des problèmes signalés sur les pompes à chaleur. Ce n’est pas un détail de spécialiste.
Pièce par pièce, pas en total
Le total des déperditions sert à choisir la machine. Le détail pièce par pièce sert à autre chose, et c’est celui-là qu’on oublie de vous remettre.
Comparer, dans chaque pièce, le besoin calculé et ce que l’émetteur délivrera au nouveau régime : c’est la seule façon de savoir quels radiateurs poseront problème, et lesquels. Sans ce tableau, la réponse à « est-ce que mes radiateurs suffisent ? » reste une opinion.
Dans une maison, le problème se concentre presque toujours sur deux ou trois pièces : celle qui a deux murs en pignon, la chambre au-dessus du garage, la pièce ajoutée. Savoir lesquelles, c’est savoir ce qu’il faudra remplacer, et donc ce que le chantier coûtera vraiment.
Ce que vous devez obtenir, et ce qui est facultatif
La note de dimensionnement. Elle est obligatoire et contrôlée dans le cadre des certificats d’économies d’énergie. Elle doit figurer dans votre dossier : voir les pièces à réunir.
Le détail par pièce. Il n’est imposé par aucun texte que nous ayons lu. Demandez-le quand même : c’est ce qui vous permet de discuter le devis sur des chiffres plutôt que sur des impressions.
Un audit énergétique. Il est obligatoire en rénovation d’ampleur, facultatif pour un geste seul. Il ne remplace pas une note de dimensionnement : il ne poursuit pas le même but.
Une précision sur les responsabilités
Le document technique de référence du métier, le NF DTU 65.16, ne couvre pas les émetteurs : son périmètre s’arrête au départ du réseau hydraulique et à l’éventuel ballon tampon (Capeb).
Le calcul des déperditions et l’adéquation des radiateurs relèvent donc des règles de l’art et de l’engagement contractuel de l’entreprise, pas d’un document opposable. C’est précisément pour cette raison que ce qui est écrit sur le devis compte autant.